mardi 28 mars 2017

La Douleur du Silence - Chronique

"Mais les larmes coulaient en dedans et personne ne pouvait les voir..."

La Douleur du Silence
Marie-Béatrice Ledent
Auto-édition
Ebook - 243 pages

A 13 ans, Martine Croin n'est qu'une jeune fille comme les autres. Contrainte de quitter sa ville et son passé pour le bien de la famille, elle s'apprête à découvrir sa nouvelle école. Devant le changement, elle se sent désarmée et s'enferme dans le silence. Mais ses nouveaux camarades de classe la considèrent comme une proie facile. Pour exorciser sa souffrance, Martine va se trouver un dangereux échappatoire...

Je remercie d'ores et déjà l'auteure pour m'avoir contactée et m'avoir envoyé son roman qui fut une très bonne lecture. Autre genre que On m'a dit mais même sujet : le harcèlement scolaire. Donc, forcément, ce livre devait me toucher, susciter des réactions chez moi car c'est un thème qui me parle et m'intéresse beaucoup.

Martine est ses parents, après un tragique événement, s'établissent à Rouen dans l'espoir d'aller mieux. Mais cela ne va pas vraiment se passer comme prévu : en effet, dans son nouveau collège, la jeune fille devient rapidement le bouc émissaire de sa classe. Les autres lui font du mal mais elle-même s'y met, se faisant du "bien" par ce qui le semble être le seul échappatoire pourtant dangereux.

Pauvre Martine, pauvre adolescente de 13 ans... La vie ne lui fait de cadeaux et pourtant, elle est incroyablement forte. C'est aussi la bonté incarnée : elle est gentille, ne veut contredire personne pour ne pas vexer ou blesser. Elle ne sait pas encore dire non, pensant à autrui d'abord, puis à elle ensuite. Elle ne sait pas encore affirmer, ce qui est un peu dû à son âge : elle reste jeune, il ne faut pas l'oublier et elle devrait avoir tout le temps d'évoluer et de se construire... En tout cas, je me souviens que je ne savais pas m'affirmer (et je suis restée incapable de le faire un bon moment) et que, d'être comme ça, ça peut faire mal. Du coup, je me suis plutôt bien attachée à elle, ayant envie de l'aider à grandir au plus vite. Pourtant, une sorte de "filtre" faisait que je ne me prenais pas toutes ses émotions, surtout les plus violentes, en pleine face. Ou du moins, je ne les ressentais pas à fond : on reste surtout un témoin qui pourrait l'aider. Mais qui ne peut pas.

"Pour être capable d'aimer et surtout, d'accepter l'amour de l'autre, il faut d'abord être capable s'aimer soi-même. Tant que tu auras envie de te faire du mal, tant que tu ne t'estimeras pas, tu ne pourras accueillir les bonnes choses qui se présenteront à toi."

Et ce "filtre", je pense que c'est la narration et la plume agréable de l'auteure qui l'ont installé. En effet, la narration se fait à la 3ème personne et, même si on suit principalement Martine, parfois on connaît les pensées de sa mère ou des autres personnes de sa classe, tortionnaires ou non. Du coup, cette narration fait qu'on est touché ou scandalisé par moments, mais il y a encore ce "filtre" qui fait qu'on reste assez objectifs et donc, attentifs à tous les éléments de l'histoire pour en comprendre tous les enjeux.

Attention, cela ne veut pas dire que l'on reste insensible et indifférent à ce qu'il se passe. A des moments, j'étais révoltée, touchée, dégoûtée, remplie d'espoir... On a envie de donner des baffes à certains par exemple ! Qu'ils soient adultes ou enfants d'ailleurs... En parlant de ces autres personnages, j'ai peut-être trouvé que certains étaient stéréotypés : il y a une ou deux surprises mais l'ensemble est assez manichéen et on sait du coup, dès qu'ils apparaissent, le rôle qu'ils vont plus ou moins tenir.

"Parfois, les solutions aux problèmes sont les plus simples et nous crève les yeux... Il suffit juste de parler."

Maintenant, grâce à ce juste mélange objectivité/émotions, on peut se rendre compte de ce que peut être le harcèlement et c'est pour ça que je conseillerai ce livre. Il montre une des formes qu'il peut prendre mais aussi les sentiments que peut ressentir la victime (car on réagit tous différemment, il est difficile, voire impossible, de dire que, quand on est harcelé, on ressent telle ou telle chose) et la réaction de l'entourage (que j'ai eu très envie de secouer et qui m'a, en général, exaspérée, même si je me doute bien qu'il est compliqué de discerner le problème et d'agir en conséquence). Ce roman témoigne donc plutôt bien des dangers de tout ça, de cette sorte de "bizutage" dans lequel se lancent les jeunes de cet âge. Mais surtout, n'oubliez pas que, même plus âgés, ils peuvent faire de même. La méchanceté, la naïveté ou je ne sais quoi n'a pas d'âge. Bref.

Jusqu'à la fin, il se passe des choses qu'on n'attend pas forcément et qui nous surprennent pour le coup, dans le bon sens ou dans le mauvais. L'épilogue, quant à lui, est aussi surprenant et montre ce qui devrait être fait bien plus souvent et dans bien plus de lieux.

C'est donc une très bonne lecture. Forcément, comme tous les autres livres bien faits sur le harcèlement, je vous le conseille vraiment. C'est important de lire ce genre de choses, ça ouvre les yeux sur la forme que ce mal et toutes ses conséquences peuvent prendre...

6 commentaires:

  1. tu donnes vraiment envie de le découvrir !

    Camille :)

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  2. C'est important de lire des livres sur le thème du harcèlement je trouve. Après, je ne sais pas si je lirais celui-ci.

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    1. Je trouve aussi, même si c'est un sujet compliqué. Pour cette raison, il vaut mieux être tenté par le livre que l'on va lire, sinon la lecture doit être encore plus difficile...

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  3. Ta chronique est très belle, tu donnes vraiment envie de découvrir ce livre !

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