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vendredi 10 mars 2017

Le Joueur d'échecs - Chronique

Le Joueur d'échecs
Stefan Zweig
Le Livre de Poche Jeunesse
90 pages
À bord d’un paquebot, deux inconnus s’affrontent lors d’une partie d’échecs. L’un d’eux n’est autre que Czentovic, homme d’origine modeste, mais champion du monde en titre. Le second est un énigmatique aristocrate... Le narrateur, intelligent et fin psychologue, découvre alors, au fil d’une partie toute en rebondissements, le passé de ces deux génies, et comprend qu’une partie d’échecs se joue autant sur l’échiquier, qu’en dehors.

C'est en lisant Lettre d'une inconnue que je suis tombée amoureuse de la plume de Stefan Zweig. En effet, c'est une nouvelle qui m'avait énormément touchée. En toute logique, j'ai donc voulu retenter l'aventure qui se conclut d'une excellente manière puisque j'ai également adoré Le Joueur d'échecs...

L'action se déroule au cour d'une traversée maritime : là, sur ce paquebot, deux hommes vont s'affronter aux échecs. Tandis que l'un en est champion du monde, l'autre est totalement inconnu du public mais, pour autant, ce dernier est un adversaire redoutable...

D'un côté, on a Czentovic, qui, excusez-moi, ne paraît pas très intéressant : il est certes extrêmement doué aux échecs vu qu'il en est le champion du monde mais ce n'est absolument pas un homme que j'aimerais côtoyer. L’appât du gain est l'une des seuls choses qui semble véritablement l'intéresser hormis la discipline où il excelle. Je n'ai donc éprouvé aucune forme d'attachement ou de compassion pour lui...
Au contraire, j'ai énormément aimé son adversaire : cet inconnu dont on apprend petit à petit l'histoire m'a passionnée. D'abord, l'histoire, ou plutôt l'enfer, qu'il a vécu nous oblige à éprouver de la compassion pour lui. Ensuite, sur l'aspect psychologique, il est très intéressant. Sa manière de fonctionner est captivante. Et puis, j'ai beaucoup aimé la modestie et la sympathie qu'il témoignait envers le narrateur.
Ce dernier m'a plutôt bien plu également : on ignore beaucoup de choses de lui, hormis sa curiosité. Du coup, dire que je me suis attachée à lui serait exagéré. Mais les fois où il intervient véritablement, je l'ai trouvé agréable et convaincant.

Étant donné qu'il s'agit d'une nouvelle portant sur une partie d'échecs, vous vous douterez bien qu'il n'y a pas des actions abracadabrantes, ni de l'action pure et dure. Non, ici, ce qui prévaut c'est surtout l'étude des deux esprits des joueurs : il n'y a pas à dire, ils sont diamétralement opposés. Mais comment se fait-il qu'ils soient tous deux aussi bons joueurs à un jeu qui nécessite une très grande réflexion dont peu peuvent témoigner ? Tout est expliqué, petit à petit, il suffit juste d'être un peu patient. Des choses anodines ont, en fait, toute leur importance... Au final, j'ai été captivée par l'histoire des deux individus. Ce sentiment captivant s'est du coup retrouvé lorsque les deux esprits s'opposaient, lorsque la partie d'échecs a débuté, partie dont on suit chaque mouvement.

D'ailleurs, l'histoire de l'inconnu m'a fascinée, interrogée, dégoûtée. Ce qu'il a vécu est extrêmement fort, on a tellement envie de savoir la fin que l'on ne se rend pas compte du nombre de pages tournées. On se rend également compte à quel point les hommes savent bien faire pour avoir ce qu'ils souhaitent, pour faire mal...

Enfin, la plume de Stefan Zweig m'a encore énormément plu. Elle retranscrit avec efficacité, exactitude et de manière prenante les sentiments des personnages sans que cela ne devienne larmoyant. Il reste en effet toujours une petite distance qui nous permet de rester quasiment objectifs et de suivre assidument le récit pour n'en rater aucun aspect, horrible ou non.

Ainsi, c'est une excellente lecture ! J'ai été ravie de replonger le nez dans un écrit de Stefan Zweif dont j'aime beaucoup la plume et la manière de traiter les échecs d'un point de vue quasiment que psychologique.

jeudi 10 septembre 2015

Une preuve d'amour + La fille qui ne croyait pas aux miracles - Flash Chronique

Couverture Une preuve d'amour 
Une preuve d'amour
Valentine Goby
Editions Thierry Magnier
Le feuilleton des Incos
86 pages

Dans la classe, Les Misérables sont au programme, et ce jour-là le débat s'amorce à propos de Fantine : mauvaise mère qui abandonne Cosette ? Mère exemplaire qui se sacrifie pour sauver sa fille ? La discussion est animée, les avis divergent, quand tout à coup Abdou se lève et quitte la classe. Le roman de Victor Hugo lui rappelle sa propre vie. Sonia l'a ben compris : elle va aider son ami dans sa quête.

J'ai piqué ce petit roman après la lecture du résumé à mon frère (qui, après, va sûrement rencontrer l'auteur, le chanceux :P). Je ne connaissais pas du tout et me suis lancée dedans sans hésiter.

C'est un petit roman plus destiné aux jeunes ados (donc, il faut s'attendre à ce que certaines choses nous semblent un peu trop faciles) mais qui reste très agréable à lire.

Les personnages sont mignons et assez attachants, la plume de l'auteur est agréable à lire mais ce qui m'a le plus plu, c'est la référence au livre de Victor Hugo, Les Misérables, tout au long du roman, ainsi que les comparaisons entre les personnages de ce classique et les personnages principaux. J'ai trouvé cette idée originale et aussi que ce roman faisait  passer quelques messages.

Conclusion : c'est une bonne lecture ! Ce roman pour jeunes adolescents m'a d'abord séduite par son résumé puis par son contenu. Je vous le conseille à tous ! :D



La fille qui ne croyait pas aux miracles
Wendy Wunder
Le Livre de Poche Jeunesse
416 pages


"Flou" est le mot qui résume très bien mon ressenti sur ce livre. J'ai bien aimé mais sans plus et je ne sais absolument pas ce qui a pu me gêner. Du coup, je ne sais pas trop quoi vous dire dessus en fait...

Même si j'ai eu un peu de mal à m'attacher à elle, Cam est un personnage que j'ai apprécié dans l'ensemble. On sent dans la narration et dans ce qu'elle fait qu'elle a son petit caractère et qu'elle n'est pas du genre à attendre qu'il se passe quelque chose.
Les autres personnages ne m'ont pas marquée plus que ça, ce qui est dommage car il y a des petites choses qu'ils disent ou qu'ils font qui sont intéressantes.

Les personnages sont donc, comme vous avez pu le voir, le seul point où j'ai un avis bien précis. En effet, la plume de l'auteure est agréable à lire et dégage quelque chose mais impossible de savoir quoi. Dans les grandes lignes, on s'attend à ce qu'il va se passer et j'aurais même aimé que certaines choses soient un peu plus approfondies. Même si, durant toute ma lecture, je me suis demandée si j'aimais ou non le livre, j'ai été touchée à la fin, un peu prévisible quand même, et les larmes sont venues titiller mes yeux. J'ai aussi gardée sous la main quelques phrases et passages qui m'ont touchée.

Conclusion :  c'est une lecture mitigée... A part que j'ai aimé le livre sans plus, je ne suis sûre de rien d'autre. Ah si : Cam m'a plu dans l'ensemble et la plume de l'auteure m'a plu et touchée à la fin. Voilà, c'est tout...

mardi 1 septembre 2015

Lettre d'une inconnue - Chronique

Lettre d'une inconnue
Stefan Zweig
Le Livre de poche Jeunesse
90 pages

Un jour, le célèbre romancier R. reçoit un étrange courrier. Dans une lettre déchirante de sincérité, une inconnue lui raconte son existence, ses joies, ses espérances, ses échecs, et lui confesse l’amour sans borne qu’elle lui voue. Bientôt le voile se lève sur l’identité de cette mystérieuse confidente, qui ne lui est, peut-être, pas complètement inconnue…

Premier ouvrage de Stefan Zweig lu, premier ouvrage adoré ! Je ne m'attendais pas à autant aimer et je vous conseille donc naturellement ce récit touchant ! (D'ailleurs, si vous en avez lu d'autres de lui, je prends vos conseils !)

Nous découvrons très rapidement le romancier R. le jour de son anniversaire (quoique "découvrir" est un bien grand mot...). Et un bien étrange courrier l'attend... La grande majorité de cette nouvelle est donc dédiée à la lecture de cette lettre.

On ne connait rien sur la vie de l'écrivain R, ce qui peut être assez déstabilisant. Et peu à peu, on le découvre grâce à cette mystérieuse lettre. Écrite par une femme. Une femme dont on ne connait même pas le nom. Et elle m'a touchée, beaucoup même. En fait, j'ai beaucoup de mal à trouver les mots justes pour vous parler de ce personnage...
J'ai eu un peu de mal à comprendre sa fidélité envers cet homme qui n'en a rien à faire d'elle. Mais elle arrive à nous toucher avec tous les sacrifices qu'elle a fait sans jamais se plaindre et, au final, l'amour qu'elle lui porte et sa sincérité nous convainquent et nous clouent sur place tout simplement.

Cette lettre est juste magnifique et touchante : c'est une superbe déclaration d'amour. Elle montre aussi quelques conditions de vie du début du 20ème siècle (il me semble...). Mais elle en reste cruelle : elle y écrit toute sa vie, tout ce qu'elle a subi pour cet écrivain qu'elle aimait, mais qui, lui, ne voyait pas cet amour. Plus on la lit, plus on s'attache à cette femme.

J'ai eu un énorme coup de coeur pour la plume de l'auteur : il commence très rapidement son récit et on est directement accroché. C'est une lecture qui a été addictive pour moi et qui m'a vraiment touchée. Quand je l'ai fini, il m'a fallu un petit temps pour m'en remettre car l'auteur finit sa nouvelle comme il le commence. Et c'est beau, c'est tout...

Conclusion : c'est un coup de coeur ! J'ai adoré, mais vraiment adoré la plume de l'auteur, qui m'a directement accrochée au récit. Cette lettre est vraiment émouvante et j'ai énormément aimé ce personnage féminin... Bref, ce classique est vraiment une très belle déclaration d'amour !

mardi 22 juillet 2014

Tout ce qui brille - chronique

Titre : Tout ce qui brille
Tome : 1
Auteur : Anna Godbersen
Editions : Le Livre de Poche Jeunesse
Nombres de pages : 373 pages

Résumé de la quatrième de couverture :

1929, New-York. Chaque soir, théâtres et cabarets scintillent comme une promesse de gloire. Surtout pour Letty et Cordelia qui ont fui leur Midwest natal et mortellement ennuyeux. 
Letty est prête à tout pour devenir actrice. Cordelia, elle, veut retrouver son père, un gangster aussi riche que célèbre. Pour les deux amies, le rideau se lève sur un monde dangereux où le glamour, le mensonge et l'intrigue sont des armes pour réussir.

 Le roman nous raconte ce qui se passe pour trois jeunes filles à New-York en 1929, fin des Années folles.

Tout d'abord, les personnages. Dans le résumé, on évoque Letty et Cordelia. Cependant, un troisième personnage aurait pu être mentionné : Astrid. C'est l'un des personnages principaux avec Letty et Cordelia et on l'évoque déjà dans le prologue...
Sinon, j'ai eu du mal à m'attacher à un personnage du début jusqu'à la fin du roman.

Letty a seize ans et rêve de devenir actrice. Elle est menue et nous paraît fragile. Elle arrive cependant à évoluer dans New-York grâce à une amie rencontrée là-bas, Paulette. Letty m'est apparue très naïve, pensant qu'en arrivant en ville, elle deviendrait actrice rapidement. Cependant, elle est un très bonne chanteuse et à de la volonté, même si sa naïveté la met dans de mauvaises postures.

Sa meilleure amie, Cordelia, était toujours là pour la protéger avant qu'elles ne se séparent. Elle a un fort caractère lorsqu'il s'agit de se défendre. Elle est aussi très entreprenante et est charmante. Elle accompagne Letty à New-York pour soi-disant l'aider à monter sa carrière. Mais elle y va pour une toute autre raison : elle espère y retrouver son père. Au moment où l'on apprend qu'elle avait caché ce "détail" à Letty, je l'ai trouvé moins sympathique que je ne pensais, sentiment déjà un peu présent lorsqu'elle quitte sa ville natale après son mariage.

Ces deux personnages m'ont parus très immatures au début du roman à cause de leur réaction après une dispute.

Astrid a 17 ans et vient, au contraire de Letty et Cordélia, d'un milieu aisé. Elle sort avec avec le fils de Darius Grey (je ne vous dit pas pourquoi c'est un détail important, sinon, ce ne serait pas marrant :P). Je l'ai d'abord vu comme une fille capricieuse, hypocrite et exagérant tout ce qu'elle fait. Puis mon regard va changer vers le milieu du livre. On comprend qu'elle n'est pas forcément heureuse. Finalement, c'est elle que j'ai préféré des trois jeunes filles.

La couverture n'est pas extraordinaire. Je pense que c'est Astrid qui y est représentée : son physique et ses vêtements lors d'une soirée m'ont beaucoup fait penser à la jeune fille de la couverture.

L'époque du roman m'a énormément plu. Les années 20 (ou les Années folles) sont une époque que je ne connaissais pas beaucoup. Cette lecture m'a fait découvrir cet univers où l'extravagance, les paillettes et les soirées règnent.

La narration se fait à la troisième personne. J'ai eu du mal à me plonger dans le livre car à certains moments, on ne savait plus de qui on parlait. Heureusement, cette impression a disparu vers le milieu du livre (peut-être que je m'étais habituée).

La fin du prologue est très énigmatique, surtout la dernière phrase. Tout le long du roman, je me suis demandée qui est-ce que cela concernait.

 Avant de découvrir qu'il y avait d'autres tomes, je trouvais que ce qui se passait à la fin n'était pas assez approfondi.
Et quand j'ai vu qu'il y avait une suite, je comprends pourquoi. Maintenant, j'ai envie de lire les autres tomes ! ^^

Conclusion : Une bonne lecture finalement. L'univers du roman m'a énormément plu et l'une des phrases du prologue m'a tenu en haleine tout le long du roman. Par contre, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages.

En plus : - le site de la comédie musicale inspirée de la "Reine des Années folles", Mistinguett : http://www.mistinguett-lespectacle.fr/ 
 
Une vue d'un quartier de New-York dans les années 20